Émission du 18 avril 2010
Second regard
Saison 2009
Émission du 18 avril 2010
Second regard
Épisode 32 : Cinq ans, de crises en surprises
Saison 2009
Il y a cinq ans, lorsque Joseph Ratzinger a été élu pape, certains observateurs disaient que son pontificat en serait un de transition, d’intellectuel, un pontificat bien tranquille. Aujourd’hui, plus personne n’oserait dire une chose comme celle-là. Parce que les cinq premières années de Benoît XVI ont été à l’image d’une barque qui navigue entre étonnements, crises et tempêtes.
Date de diffusion : 18 avril 2010
Réalisation : Stéphan Gravel
Production : Radio-Canada
Pays : Canada
Animateur : Alain Crevier
Journaliste : Alain Crevier
24 mars 2010
L’honorable Rob Nicholson
Ministre de la Justice
Chambre des communes
Ottawa, Ontario
K1A 0A6
Monsieur le Ministre,
En tant que président du Comité des droits humains de la Conférence des évêques catholiques du Canada, j’aimerais vous faire part de notre préoccupation au sujet de la situation du citoyen canadien, M. Omar Khadr, détenu à Guantanamo par les autorités américaines depuis 2002.
Le 29 janvier 2010, la Cour suprême du Canada, dans une décision unanime, a conclu que « le Canada a porté atteinte aux droits garantis à M. Khadr par l’art. 7 », mais qu’elle laisse « au gouvernement le soin de décider de quelle manière il convient de répondre au présent arrêt à la lumière de l’information dont il dispose actuellement et de sa respon-sabilité en matière d’affaires étrangères et ce, en conformité avec la Charte (des droits et libertés). »
Quand Omar Khadr fut fait prisonnier le 27 juillet 2002, il n’avait que quinze ans et pouvait être considéré comme un enfant-soldat, comme l’a reconnu le Secrétaire-général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon: « C’est ainsi que le Canadien Omar Khadr est accusé d’infractions pénales qu’il aurait commises à l’âge de 15 ans en Afghanistan alors qu’il aurait été un enfant soldat (…) Malgré l’âge qu’il avait au moment des infractions présumées, les normes internationales de la justice pour mineurs n’ont pas été appliquées. » (Rapport sur les enfants et les conflits armés en Afghanistan, 10 novembre 2008.)
Or, le Canada a signé, le 13 décembre 1991, la Convention internationale des droits de l’enfant, et en juillet 2000, le Protocole facultatif à la Convention internationale des droits de l’enfant. De plus, dans le site Affaires étrangères et commerce international Canada, section Enfants et conflits armés, on peut lire que « le Canada est déterminé à mettre fin à l’utilisation de filles et de garçons soldats et à faire en sorte que les enfants touchés par la guerre dans le monde entier soient protégés. Pour atteindre ce but, il continue de collaborer avec d’autres gouvernements et des organisations internationales afin d’apporter des solutions à ce problème au moyen d’une variété de canaux. La protection et la promotion des droits des enfants sont une préoccupation majeure du gouvernement du Canada. »
Si le Canada reconnaît la réalité des enfants-soldats, il importe de rappeler que leur sens de la responsabilité personnelle peut être gravement affecté en raison d’un endoctrinement idéologique forcé qui fausse leur jugement. C’est pourquoi le Canada a le devoir d’agir en conformité avec sa Charte des droits et des libertés. Même si la Cour confirme « la responsabilité constitutionnelle de l’exécutif de prendre des décisions concernant les affaires étrangères dans le contexte de circonstances complexes et en fluctuation constante, en tenant compte des intérêts nationaux plus larges du Canada », les droits fondamentaux et la dignité de la personne humaine ne peuvent fluctuer, ni être sacrifiés au nom de quelque intérêt que ce soit, car « la personne humaine est, et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales. » (Concile Vatican II, Constitution pastorale L’Église dans le monde de ce temps, 25, 1).
En conséquence, nous vous demandons respectueusement de bien vouloir considérer le rapatriement de M. Omar Khadr au Canada afin qu’il ait droit à un procès juste et équitable.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes sentiments les plus distingués.
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Mgr Brendan M. O’Brien
Archevêque de Kingston
Président du Comité des droits humains
Conférence des évêques catholiques du Canada
Cc : L’honorable Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères
Le c
élèbre archevêque anglican Sud-Africain, Prix Nobel de la Paix 1984, signe ici un commentaire spirituel sur les enjeux actuels de notre monde et sur le rêve que Dieu porte envers chaque personne.
Un livre inspirant dans lequel Desmond Tutu parle avec conviction de ce qui le fait vivre et espérer. À partir de ses propres expériences au sein de la situation de l’Afrique du Sud, il propose une vision du monde où toute personne doit être considérée avec dignité et traitée avec justice.4e de couverture avec des commentaires de Nelson Mandela, Jimmy Carter et du dalaï-lama.Le seul autre livre de Desmond Tutu en langue française encore disponible est « Il n’y a pas d’avenir sans pardon » publié chez Albin Michel en 2000.
Auteur : Mgr Tutu
Publié chez Bayard-Novalis
Chroniques du Père André Dumont, omi, animées par Jasmin Hains dans le cadre de l’émission Mordicus présenté sur les ondes de Radio Galilée. Écoutez une série de chroniques audios où il est traité des émotions avec simplicité et humour.
André Dumont, prêtre de la communauté des Oblats de Marie-Immaculée au Québec a animé de nombreuses années au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap avant de fonder et de travailler 18 ans au Centre l’Exode .
- Capsule d’introduction à l’émotivo-rationelle (TCHAD): 14 min 45
- Capsule sur la tristesse : 15 min 20
- Capsule sur la culpabilité : 18 min 14
- Capsule sur la hostilité (ou colère) : 15 min 41
- Capsule sur l’anxiété (ou peur) : 14 min
- Capsule sur la déprime (ou désespérance) : 11 min 40
Comment Jean-Marie Vianney a-t-il suscité autour de lui un corps ecclésial vivant de la foi et de la charité, et annonçant l’espérance chrétienne ?
+ Mgr Jean-Yves Nahmias
19/02/2010
Les témoignages reçus après sa mort ont un seul but : montrer la sainteté de l’homme en vue d’un procès de canonisation. Ce n’est qu’au détour de ces témoignages qu’on devine la sainteté, la vie chrétienne de tout son entourage.
Bien sûr, la pastorale du curé d’Ars, l’implication de toute sa personne a engagé sa prière dans le chemin de la sainteté. Et c’est en agissant ainsi qu’il est lui-même devenu saint.
On parle de lui en mentionnant la mission qu’il a reçue : « le curé d’Ars ». Son identité est donc d’être curé et sa sainteté est advenue parce qu’il a pleinement fait corps avec la mission confiée. C’est là le lieu de la sainteté pour un prêtre.
Jean-Marie Vianney est resté 41 ans dans le village d’Ars. Lorsqu’il est arrivé, il n’y avait que 230 habitants ! Au-delà de ce village, il devint, comme le dit Jean-Paul II, « le pasteur d’une multitude ». On venait de partout pour l’entendre et se confesser. Ainsi, en 1848, on parle de 80 000 personnes !
Il est clair que cela ne s’est pas fait sans le soutien de toute une communauté. Bien sûr, c’est le charisme d’un homme et une vocation particulière. Mais c’est aussi tout un village qui a été bénéficiaire de l’action de son pasteur et l’a accompagné dans cette vocation. On vient à Ars pour rencontrer un prêtre, mais on découvre plus que cela : une communauté chrétienne qui prie et célèbre son Dieu. Le pèlerin va s’appuyer sur la foi des villageois, sur leur prière et leur charité.
Jean-Marie Vianney a su transformer ce village pour qu’il puisse à son tour le porter dans cette pastorale si particulière. De même, il a su transformer les pénitents qu’il rencontrait en évangélisateurs. Comment s’est répandu ce désir qui mettait les gens en route ? Les anciens pèlerins étaient devenus des missionnaires, des témoins de la miséricorde de Dieu.
La reconnaissance de notre péché, et plus encore de la miséricorde de Dieu, est le socle du dynamisme missionnaire des chrétiens.
Sans nul doute, c’est grâce à leur témoignage que d’autres se sont mis en route. Nous touchons là le premier point qui fait naître une communauté d’apôtres : se découvrir pécheur sous le regard miséricordieux de Dieu et confesser ce Dieu qui nous aime. Autrement dit, avoir fait l’expérience vitale que le Christ me sauve. Autrement dit encore, l’annonce de la Bonne Nouvelle, c’est annoncer que le Christ est sauveur et en témoigner.
Le curé d’Ars avait conscience de son péché et de la grandeur de la miséricorde. Et c’est précisément cette expérience qu’il a fait vivre aux chrétiens d’Ars. C’est ce que fait tout prêtre, d’abord en entendant l’appel de Dieu et en y répondant, mais aussi tout au long de son ministère. Ainsi, Jean-Marie Vianney a constitué autour de lui une communauté de croyants, priant, vivant des sacrements, et qui pouvait naturellement accompagner son curé dans sa mission particulière.
La source de sa générosité pastorale, c’est son amour du Christ. Il veut sauver les âmes qui lui sont confiées et les conduire au Christ.
Jean-Paul II a noté que le curé d’Ars « orientait vers l’essentiel » : la réconciliation et l’eucharistie. La première, au confessionnal, occupait la plus grande partie de sa journée, mais la messe était le cœur de celle-ci et de toute la communauté villageoise.
Ainsi, il conduisait les pénitents réconciliés à l’union eucharistique. La ferveur des assemblées devait être traversée par la gratitude immense de ces centaines de pèlerins réconciliés avec Dieu. On devait sentir dans l’église d’Ars, mais aussi dans les rues du village, cette foi palpable qui est un don de Dieu et qui est la gratitude devant le salut donné ! On devait sentir la vérité de cette promesse : « Le royaume des cieux est tout proche ».
Il portait également une très grande attention à la prédication. Au cours de la messe, bien sûr, mais aussi pour les enfants du catéchisme, et on sait que beaucoup d’adultes, de pèlerins y participaient volontiers !
Enfin, soulignons aussi qu’il encourageait fortement l’adoration du Saint Sacrement.
La dimension missionnaire de la vie d’une communauté croyante.
Nous avons souligné le lien entre mission et réconciliation, et montré comment la conscience de notre péché pardonné par Dieu conduit à l’action de grâce et au désir de faire connaître et aimer le Christ sauveur.
De même, la participation à l’eucharistie, qui conduit à une compréhension intérieure, intime, du mystère eucharistique, conduit également à la louange, à la gratitude et au désir d’annoncer le Christ.
Ainsi, mieux saisir l’offrande du Christ, l’offrande de la croix, nous amène à rendre grâce et à faire connaître celui qui nous a tant aimés. Et aussi à entrer dans le même mouvement, celui de l’offrande, de la mort à nous-même.
L’eucharistie nous pousse à entrer dans le même don de nous-même, dans l’imitation de Jésus-Christ. Elle nous donne la force, la vitalité pour entrer effectivement dans cette oblation.
L’eucharistie, la liturgie, l’adoration sont des moments missionnaires. Ceci parce que les participants, par leur ferveur, leur prière, l’attitude de leur corps, l’expression de leur visage, expriment à leur insu ce qu’il y a dans leur cœur.
Dans la liturgie, nos corps révèlent de manière plus ou moins visible la mobilisation de notre âme. Nous n’y sommes pas immédiatement sensibles, mais la foi, la ferveur de ceux qui nous entourent nous soutient, nous stimule, nous encourage.
Sans le savoir, les pèlerins se portaient mutuellement témoignage, se soutenaient pour avoir la force d’aller se présenter devant le Seigneur à travers son humble serviteur, le curé d’Ars.
Nous voyons ainsi comment une communauté missionnaire naît à la fois d’un cœur à cœur intime de chaque croyant avec son Seigneur, dans la réconciliation, l’eucharistie, l’adoration. Nous comprenons aussi que la liturgie de ce corps rassemblé est elle-même missionnaire.
Je voudrais maintenant insister sur deux points : la grande capacité du curé d’Ars à s’appuyer sur les autres (prêtres, religieux, religieuses, laïcs, etc.) et la dimension sociale de sa pastorale.
Le curé d’Ars est aussi un homme d’action parce qu’il est un grand spirituel. Par exemple, il allait personnellement visiter les foyers, les familles et pouvait ainsi les accompagner et les inviter à une vie plus chrétienne, dans la miséricorde et le don d’eux-mêmes.
Il a pris également l’initiative de fonder une école de jeunes filles et une école de garçons. Même s’il était présent avec attention, en particulier pour le catéchisme, il s’est appuyé sur des religieuses et des religieux. A travers ces écoles, son but était – comme aujourd’hui – la croissance de toute la personne dans son humanité, sans oublier la dimension vitale de sa vie spirituelle.
C’est tout le corps ecclésial, dans la diversité des vocations, qu’il mobilisait au service de l’annonce de l’Evangile et du développement de toute la personne. Il ne cessait de confier l’amour des pauvres aux paroissiens. Lui-même venait à leur secours quand il le pouvait.
Il ne cessait aussi de sensibiliser à la mission universelle. Il faisait prier pour les missions, les missionnaires et invitait à les soutenir par une offrande.
Une de ses grandes qualités d’apôtre a été de mettre les autres en situation de participer à sa charge en leur confiant ce qui correspondait à leur vocation propre.
Le curé d’Ars, en invitant chaque paroissien à sa conversion personnelle, les a conduits à une vie chrétienne féconde, à rayonner de leur foi, de leur espérance, de leur charité. Ceci a transformé les familles et le village, mais aussi a été au service des nombreux pèlerins.
Resituer le curé d’Ars dans la communauté où il a été envoyé nous permet de le redécouvrir avec toute sa chaleur de pasteur et nous amène à comprendre que jamais il n’aurait pu accomplir son ministère unique sans les membres de sa communauté paroissiale.
Mgr Jean-Yves Nahmias
évêque auxiliaire de Paris